jeudi 23 juin 2016

Franz Schubert et la symphonie, sur Wikipédia

Franz Schubert et la symphonie

Franz Schubert et la symphonie (sous-titré: Eléments d'une nouvelle perspective) est le titre d'un ouvrage de musicologie de 127 pages paru en 1982 dans La Revue musicale et écrit par le musicologue Paul-Gilbert Langevin en collaboration avec Brian Newbould, Ernst Hilmar et Harry Halbreich. C'est une étude de l'œuvre du compositeur Franz Schubert, basée sur deux soirées musicales présentées à l'Institut autrichien à Paris (renommé plus tard Forum culturel autrichien) les 25 mars 1980 et 31 mars 1981.

Sommaire

Composition de l'ouvrage

  • Première soirée (25 mars 1980)
    • 1. Les nouvelles données historiques et musicales, par Paul-Gilbert Langevin
    • 2. La symphonie numéro 7 en mi majeur et sa réalisation, par Brian Newbould (en)
  • Deuxième soirée (31 mars 1981)
    • 3. La collection schubertienne de la bibliothèque municipale de Vienne et l'identification des trois symphonies fragmentaires, par Ernst Hilmar (en)
    • 4. La symphonie numéro 10 en ré majeur: étude musicale, l'esquisse et ses réalisations, par Harry Halbreich
  • Annexes, par Paul-Gilbert Langevin
    • 1. Les symphonies de Schubert
    • 2. La structure cellulaire dans les grandes symphonies
    • 3. Bibliographie
    • 4. Discographie sélective
  • Clichés musicaux hors-texte
  • Crédit photographique

Références

  • Paul-Gilbert Langevin, Franz Schubert et la symphonie, éléments d'une nouvelle perspective, la Revue Musicale, triple numéro 355-356-357, Editions Richard Masse, Paris, 1982.

Voir aussi

  • Paul-Gilbert Langevin, Franz Schubert, un symphoniste méconnu, Scherzo, 1976.
  • Paul-Gilbert Langevin, Schubert après Schubert, un grand dossier historique et musical, L'Éducation musicale, 1978.
  • Paul-Gilbert Langevin, Les Symphonies de Schubert, discographie critique, Harmonie, 1984.

Articles connexes

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Musiciens d'Europe, sur Wikipédia

Musiciens d'Europe

Musiciens d'Europe, dont le titre complet est Musiciens d'Europe, figures du renouveau ethnoromantique, est un ouvrage d'ethnomusicologie écrit par Paul-Gilbert Langevin en collaboration avec d'autres musicologues, dont Jacques Feschotte, Pierre Vidal, Marc Vignal et Harry Halbreich, et édité en 1986 aux éditions Richard Masse dans La Revue musicale, dans lequel l'auteur développe le concept d'ethnoromantisme.
Il traite des compositeurs européens suivants : Anton Bruckner, Franz Schmidt, Franz Schreker, Alexander von Zemlinsky, Max Reger, Lorenzo Perosi, Ferrucio Busoni, Leoš Janáček, Hermann Goetz, Mieczysław Karłowicz, Carl Nielsen, Ralph Vaughan-Williams, Ernest Bloch, Bohuslav Martinů, Heitor Villa-Lobos, issus des pays suivants: Angleterre, Allemagne, Autriche, Italie, Pologne, Tchécoslovaquie, Danemark, Suisse, Russie, et comme exception à l'extérieur de l'Europe, Brésil pour Villa-Lobos.
L'ouvrage n'est pas réédité actuellement, la Revue Musicale n'étant plus éditée, mais il est disponible dans les médiathèques musicales ainsi que dans certaines librairies de livres d'occasion. Cet ouvrage est la suite de celui consacré par l'auteur aux grands symphonistes français, intitulé Musiciens de France, la génération des grands symphonistes en 1979.

Sommaire

Composition de l’ouvrage

  • Prélude (Avant-propos)
  • Variation 1: Autriche
    (Titre 1: Vienne, la trinité parallèle, Schmidt, Schreker, Zemlinsky, avec Harry Halbreich et Maurice Fleuret, le cas Franz Schmidt, Franz Schreker dramaturge, Zemlinsky ou l'éternel second, la biennale de Venise, Schreker: nomenclature des œuvres principales, Zemlinsky: nomenclature des œuvres, Schmidt: nomenclature complémentaire)
  • Variation 2: Bavière
    (Titre 2: Max Reger plaidoyer pour un centenaire, un personnage haut en couleur, la carrière et l'œuvre)
  • Variation 3: Italie
    (Titre 3: le renouveau italien, Perosi, Busoni et leurs contemporains, de Cherubini à Verdi, don Lorenzo Perosi, apogée et déclin d'une grande carrière, Busoni génie faustien, un drame de la pérennité, les symphonistes du vingtième siècle)
  • Variation 4: Italie
    (Titre 4: Ferruccio Busoni symphoniste et prophète, le germanisme inavoué, l'œuvre charnière, vers le renouveau, la tragédie de l'homme seul)
  • Variation 5: Tchécoslovaquie
    (Titre 5: Leos Janacek et le théâtre lyrique, par Jacques Feschotte et Paul-Gilbert Langevin, Janacek et la postérité, l'homme et la carrière, les opéras de Janacek)
  • Variation 6: Prusse orientale et Lithuanie
    (Titre 6: Hermann Goetz et Mieczyslaw Karlowicz, deux centenaires inaperçus, entre Schumann et Brahms, un nouveau classicisme, l'antithèse du wagnérisme, jeune Pologne, pessimisme et confession, l'énigme d'un destin)
  • Variation 7: Danemark
    (Titre 7: Carl Nielsen musicien de la vie, petit florilège nielsénien, un enfant de la terre, les premières symphonies, autres pages symphoniques, les concertos, la musique instrumentale, le piano et l'orgue, l'œuvre scénique, musique vocale et chorale, quatre périodes, Nielsen et la postérité, un séminaire Carl Nielsen)
  • Fugue
    (Synthèse: de Bruckner à l'ethnoromantisme, Anton Bruckner symbole du renouveau, musique autrichienne et musique allemande, du postromantisme à l'ethnoromantisme, domaine et moyens de l'ethnoromantisme, l'ethnoromantisme dans la musique d'orchestre)

Références

  • Paul-Gilbert Langevin, Musiciens d'Europe, figures du renouveau ethnoromantique (essai en forme de prélude, variation et fugue), La Revue musicale, triple numéro 388-389-390, Éditions Richard Masse, Paris, 1986 (Notice BnF no FRBNF430930265).

Voir aussi

Articles connexes

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Musiciens de France, sur Wikipédia

Musiciens de France

Musiciens de France, dont le titre complet est Musiciens de France, la génération des grands symphonistes, est un ouvrage de musicologie écrit par Paul-Gilbert Langevin en collaboration avec d'autres musicologues, dont Harry Halbreich, Jean Maillard et Geneviève de la Salle, et édité en 1979 aux éditions Richard Masse dans La Revue musicale.
Il traite principalement des quatre musiciens français suivants : Guillaume Lekeu, Albéric Magnard, Joseph-Guy Ropartz et Charles Koechlin. Les autres œuvres abordées dans cet ouvrage sont celles d'autres musiciens français: Hector Berlioz, César Franck, Henri Duparc, Ernest Chausson, Charles-Marie Widor, Louis Vierne et Charles Tournemire.
L'ouvrage n'est pas réédité actuellement, la Revue musicale n'étant plus éditée, mais il est disponible dans les médiathèques musicales ainsi que dans certaines librairies de livres d'occasion. Cet ouvrage sera suivi d'un autre plus ambitieux écrit par l'auteur en 1986 sur les symphonistes européens, dont le titre est Musiciens d'Europe, figures du renouveau ethnoromantique.

Sommaire

Composition de l’ouvrage

  • Guillaume Lekeu, par Paul-Gilbert Langevin
    (Guillaume Lekeu, le Rimbaud de la musique; la vie, d'après Alexandre Tissier; l'œuvre, un essai de redécouverte; nomenclature des œuvres);
  • Albéric Magnard
    (Albéric Magnard, clé de voûte de la symphonie française, par Paul-Gilbert Langevin; Magnard, le solitaire, par Harry Halbreich; Catalogue des œuvres; les quatre symphonies, étude analytique, par Jean Maillard);
  • Guy Ropartz, par Jean Maillard
    (Guy Ropartz, chantre d'Armor; les six symphonies, étude analytique; notes biographiques; œuvres; bibliographie sommaire);
  • Charles Koechlin
    (Charles Koechlin, musicien de l'avenir, par Paul-Gilbert Langevin; l'œuvre d'orchestre, par Jules Guieysse, révisé par Paul-Gilbert Langevin; résumé du catalogue; écrits; bibliographie);
  • L'orgue symphonique, par Geneviève de la Salle
    (Note liminaire par Paul-Gilbert Langevin; l'orgue moderne des origines à Widor; Louis Vierne et Charles Tournemire; résumé des catalogues, par Paul-Gilbert Langevin);
  • Annexes (Un document; la symphonie française, du renouveau à 1939; discographie internationale);
  • Illustrations (dans le texte ; hors texte ; Guillaume Lekeu ; Albéric Magnard ; Charles Koechlin)
  • Supplément musical (Guillaume Lekeu, andante pour piano, fac-similé).

Références

Paul-Gilbert Langevin, Musiciens de France, la génération des grands symphonistes, La Revue musicale, triple numéro 324-325-326, Éditions Richard Masse, 1979 (Notice BnF no FRBNF36599375t).

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Le Siècle de Bruckner, sur Wikipédia

Le Siècle de Bruckner (sous-titré : Essai pour une nouvelle perspective sur les maîtres viennois du second âge d'or) est un ouvrage de musicologie, écrit par le musicologue Paul-Gilbert Langevin en collaboration avec Gustav Kars et Éric-Paul Stekel sur les œuvres du compositeur Anton Bruckner et de ses contemporains, à savoir Franz Schubert, Hugo Wolf, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Franz Schmidt, Alban Berg, Anton Webern, Karl Kraus, Alexandre von Zemlinsky, Julius Bittner, Franz Schreker, Erich Wolfgang Korngold, Franz Liszt, etc. Il est paru dans La Revue musicale aux éditions Richard Masse en 1975. Cet ouvrage a été suivi d'une étude plus approfondie de l'œuvre de Bruckner, appelée Anton Bruckner, apogée de la symphonie, en 1977.

Sommaire

Composition de l'ouvrage

  • Avant-propos
  • Introduction : personnalité musicale de l'Autriche, par Gustav Kars
  • Titre 1 : Anton Bruckner, des sources à l'héritage, la Seconde école de Vienne
    • Introduction
    • 1. De Schubert à Bruckner
    • 2. Individualité de Bruckner
    • 3. Bruckner et ses héritiers directs
    • 4. Bruckner et le XXe siècle
    • Anton Bruckner, aperçu documentaire
  • Titre 2 : Le vrai visage de Hugo Wolf, essai sur l'œuvre posthume
    • Introduction : un créateur et son destin
    • 1. L'œuvre instrumentale
    • 2. Le symphoniste
    • 3. L'œuvre scénique
    • 4. Les œuvres vocales et chorales
    • Der Einsiedler
    • Annexes
  • Titre 3 : De Malher à l'école sérielle, rupture ou continuité ?
    • Introduction
    • Première partie : Gustav Mahler et sa postérité, par Gustav Kars et Paul-Gilbert Langevin
    • 1. Situation de Mahler
    • 2. Mahler vu par Schönberg et ses disciples
    • 3. Affinités formelles et spirituelles
    • Deuxième partie : Arnold Schönberg et ses sources littéraires, par Gustav Kars
    • Discographie
  • Titre 4 : La tradition viennoise au XXe siècle, Franz Schmidt et ses contemporains
    • Introduction
    • Première partie : Franz Schmidt et la symphonie
    • 1. La vie et la carrière, ou le chêne dans la tempête
    • 2. L'œuvre d'orchestre
    • Deuxième partie : Souvenirs de la vie lyrique à Vienne, par Éric-Paul Stekel et Paul-Gilbert Langevin
  • Postface
  • Index des compositeurs
  • Table des illustrations

Références

  • Paul-Gilbert Langevin, « Le Siècle de Bruckner, essai pour une nouvelle perspective sur les maîtres viennois du second âge d'or », La Revue musicale, numéros 298-299, éditions Richard Masse, 1975.

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Anton Bruckner, apogée de la symphonie, sur Wikipédia

Anton Bruckner, apogée de la symphonie, est le titre d'un ouvrage de musicologie du musicologue Paul-Gilbert Langevin, écrit en collaboration avec notamment Eric-Paul Stekel, Harry Halbreich, Gustav Kars, Edward Neill, Hans-Hubert Schönzeler (en) et Claude-André Desclouds, paru en 1977 aux éditions L'Âge d'Homme, et consacré à l'œuvre du compositeur autrichien Anton Bruckner et de ses héritiers directs, et à la musique autrichienne des temps modernes. Il est basé sur la thèse de doctorat d'esthétique musicale écrite par l'auteur, à l'Université de Vincennes, sous la direction du philosophe et musicologue Daniel Charles, soutenue en 1974 et intitulée : Anton Bruckner, perspective esthétique et étude analytique en relation avec les éditions critiques.

Sommaire

Présentation de l'auteur

Né près de Paris en 1933 et décédé à Paris en 1986, Paul-Gilbert Langevin tenait de son père, le grand savant et humaniste bien connu, un esprit scientifique et rationaliste qui n'excluait nullement la passion, l'idéalisme, en un mot le romantisme. Au premier aspect répondent ses études de physique, qui le conduisent à exercer une profession universitaire. Au second, sa constante ambition de s'exprimer dans un domaine artistique, qu'il concrétise en musique à la suite de deux chocs esthétiques décisifs et complémentaires. D'abord sa rencontre en 1951 avec le jeune chef d'orchestre Roberto Benzi ; puis en 1952, l'audition fortuite de la 7e symphonie d'Anton Bruckner.

De ce jour, et de la constatation du mépris où était alors tenu l'œuvre immense du maître symphoniste, date le combat brucknérien mené par l'auteur avec une opiniâtreté dont l'ouvrage Anton Bruckner, apogée de la symphonie porte témoignage en même temps qu'il en représente l'aboutissement. Les actes essentiels vont de la fondation en 1957 de la Société française Anton-Bruckner à la soutenance par l'auteur de sa thèse d'esthétique musicale à l'Université Paris 8 (1974), en passant par la publication d'une série d'articles, d'essais et de critiques dans différents périodiques, dont les deux éphémères revues fondées ou cofondées par lui : « L'harmonie du monde » et « Musicalia », ainsi que dans l'encyclopédie des musiques sacrées.
À côté d'Anton Bruckner, Paul-Gilbert Langevin s'est attaché à la redécouverte de tout le vaste répertoire de la période qu'il a qualifiée d'ethnoromantique ; et il a publié notamment des études sur : Ferruccio Busoni, Leos Janacek, Guillaume Lekeu, Carl Nielsen, Max Reger, Franz Schmidt, Hugo Wolf... Son ouvrage Le Siècle de Bruckner introduit et complète Anton Bruckner, apogée de la symphonie, en offrant un panorama original de la musique autrichienne du romantisme schubertien au seuil de la révolution sérielle.
Paul-Gilbert Langevin était aussi l'auteur d'un scénario de film inédit, Symphonie transfigurée, où il a transposé son combat musical en créant le personnage d'un compositeur moderne attaché au respect d'un passé glorieux.

Présentation de l'ouvrage

Né neuf ans avant Brahms et trente-six ans avant Mahler, Anton Bruckner, qui fut à Vienne le rival direct du premier et le modèle (sinon le maître) du second, aura dû, paradoxalement, céder le pas à la fois à l'un et à l'autre dans l'estime du public latin. Et bien des idées fausses persistent à son propos, qu'il s'agisse de son caractère « mystique », de son appartenance au « wagnérisme », des dimensions de ses symphonies ou des effectifs qu'elles requièrent. Pourtant, en dépit de tous les obstacles, et grâce au disque davantage qu'au concert, il a peu à peu conquis droit de cité dans l'esprit et le cœur de tous les authentiques mélomanes de nos pays, qui découvrent parfois avec stupeur les immenses horizons qu'il a ouverts au monde de l'orchestre. Le temps était donc venu de proposer une étude approfondie de son œuvre, et surtout des onze symphonies qui en constituent le noyau essentiel.

En s'attachant à une telle étude, Paul-Gilbert Langevin a laissé volontairement de côté le récit d'une vie somme toute peu fertile en traits romanesques, et qui se trouve déjà décrite dans plusieurs ouvrages d'initiation. En revanche, il a réalisé ici un véritable guide, rédigé dans un langage vivant et communicatif évitant l'abus de termes techniques, et qui s'adresse autant à l'amateur éclairé qu'au professionnel. À ce dernier, ce livre fournit en outre un instrument de travail indispensable par la richesse et la précision de son appareil critique: nombreux tableaux synthétiques, chronologie comparative, nomenclature d'œuvres et d'éditions, bibliographie française et étrangère, discographie, index.

Des quatre sections du texte principal, la première tente une étude globale de l'art du symphoniste, qu'il libère de tout un carcan d'idées reçues et, pour employer un mot qui prend ici tout son sens, « démystifie » en essayant de discerner, dans le caractère de l'homme et du musicien, les éléments innés des éléments acquis. Puis l'apport fondamental d'Anton Bruckner à la forme symphonique fait l'objet d'un examen méthodique au double plan de l'histoire et de la morphologie. Une description succincte des œuvres d'église précède ensuite la partie centrale, consacrée à l'analyse des symphonies dans leurs principales variantes. L'auteur est ainsi amené à un examen critique des multiples révisions opérées soit par le compositeur lui-même, soit, ce qui est très spécifique de son cas, par ses disciples et ses premiers interprètes, parfois même à son insu.

Les autres genres abordés par Anton Bruckner sont réunis dans la dernière section. Et en « compléments » sont proposées plusieurs contributions de spécialistes étrangers, dont chacune apporte une vision originale et précieuse de l'art du maître autrichien. Enfin, le récit de la lente progression de sa renommée en France est émaillé d'extraits de critiques qui montrent quel degré de virulence ont pu atteindre parfois les polémiques dont il fut l'objet, et dont aujourd'hui sa gloire posthume semble avoir définitivement triomphé.

Composition de l'ouvrage

  • Avant-propos
    (l'avant-propos est introduit par la citation suivante d'André Malraux : « L'Art est le seul moyen d'exprimer l'Inconnaissable ».)
  • I. La personnalité et le style
    • 1. Généralités sur l'homme et l'esthétique
    • 2. L'art de la symphonie, les sources
    • 3. L'art de la symphonie, la morphologie
    • 4. Trois compléments
  • II. Le musicien d'église
  • III. Le symphoniste
    • Clés pour les analyses
    • 1. Les prémisses
    • 2. Symphonie posthume en mineur, Die Nullte
    • 3. Symphonie numéro 1 en ut mineur
    • 4. Symphonie numéro 2 en ut mineur
    • 5. Symphonie numéro 3 en mineur, Die Wagner Symphonie
    • 6. Symphonie numéro 4 en mi-bémol majeur, Romantique
    • 7. Symphonie numéro 5 en si-bémol majeur
    • 8. Symphonie numéro 6 en la majeur
    • 9. Symphonie numéro 7 en mi majeur
    • 10. Symphonie numéro 8 en ut mineur
    • 11. Symphonie numéro 9 en mineur
  • IV. Autres œuvres
    • 1. La musique de chambre
    • 2. Pièces pour instruments solistes
    • 3. Le chœur profane
    • Épilogue
    • Notes de lecture
  • Compléments
  • I. Témoignages, contributions, souvenirs
    • 1. Eric-Paul Stekel: ma tradition brucknérienne
    • 2. Hans-Hubert Schönzeler (en) : interpréter Bruckner
    • 3. Anton Bruckner et la pensée allemande contemporaine
    • 4. Edward Neill : notre réalisation du finale de la Neuvième
    • 5. Harry Halbreich : un essai de synthèse
    • 6. Anton Bruckner et la France
  • II. Tableaux, nomenclature, documentation
    • 1. Tableaux morphologiques
    • 2. Table chronologique
    • 3. Nomenclature par genres
    • 4. Les éditions critiques
    • 5. Bibliographie
    • 6. Discographie
    • 7. Index
    • 8. Table des illustrations
  • Supplément musical : encart couverture

Références

  • Paul-Gilbert Langevin, Anton Bruckner, apogée de la symphonie, Éditions l'Âge d'Homme, Paris, 1977.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

mardi 12 avril 2016

Au café Mollard, poème en prose de Paul-Eric Langevin (2005)



Au café Mollard -poème en prose

Dans la rue il y a mon amour. Dans la forêt il y a mon amour. Dans la nuit il y a mon amour. Mais mon amour est dans mon coeur et tant que celui-ci battra, il sera toujours vivant. Tremblant. Respirant. Elle est là, tout contre moi. Ses yeux me font respirer. Sa poitrine me fait trembler. Ses pieds me font rêver. Je ne me relèverai pas tellement elle me subjugue. Grâce à elle, je tremble, je respire, je m'émerveille, je me réveille, je ne dors pas, je ne vois qu'elle. Elle est encore là. Elle sera toujours avec moi. Jusqu'à ce que je ne sois plus rien. Poussière d'étoiles, amas de souvenirs, de rires cristallisés. Mais elle est toujours là pour l'instant. Elle me fait vivre, respirer, grandir, vieillir et surnager. Elle est mon tout, elle est ma lie, mon hallali, mon miroir, mon soleil et ma lune, mes étoiles, mon ciel entier, mon hymne, mon chant, mon désir et mon délire. Et elle est là et elle me voit. Elle me sourit, cligne de l'oeil. Dans son oeil, il y a l'univers. Dans sa pupille, la galaxie, dans son âme il y a mon coeur. Car je lui ai donné un soir d'hiver. Un soir d'été elle me l'a rendu mais tout cela n'est qu'illusion car je l'ai enfin retrouvée puisqu'elle ne m'a jamais quitté. Elle ne m'a même jamais oublié. Elle m'a aimé toute l'année et tout le siècle et tout le millénaire. Ainsi nous ne sommes qu'un seul pour toujours. Toujours et jamais.
Je suis ton coeur, ton âme, tes rideaux, tes flammes, je suis ton ensemble, ton tout, ta merveille, ton trésor et ton fou. Je veux te faire rire et sourire et crier et chanter toute l'année. Je veux te réveiller tout l'été avec du café. Des croissants, du sucre, des cadeaux, des mystères. Un différent chaque jour et voir ton sourire, jamais le même. Je créerai ton sourire car je suis capable de lui donner tout son éclat, toute sa flamme, son charme, son idéal et même ses larmes. Je suis ton printemps et ton automne, ton soleil et ta nuit, ton mystère et ta clef. Je peux te trouver même si tu te caches au fond, au fin fond de l'oubli. Car nous ne sommes qu'un, nous ne sommes qu'amour ensemble, pour toujours et pour jamais, dans l'infini comme dans le creu de ta main, le creu de tes reins; ta folie, ton vertige, ton idéal, ton passe-partout. Ton comble, ton rire, ton espoir, ta débauche, ta désillusion et ta pensée. Encore aujourd'hui je me suis réveillé et je t'ai vue, mon unique amie, ma créature, celle que j'anime et que je pousse, que je fais luire et puis mourir, jusqu'au lendemain car tu es éternelle du moment que je plonge dans tes yeux, tes si beaux yeux, que je peux prendre ta main, sentir tes doigts, les parcourir, sentir chaque frisson que je provoque au plus profond de ton être. Ton être et ton image, ton esprit et la pellicule de ta peau dont le contact me rend fou à la folie et cela pour toujours.
Tous les deux nous irons là-bas, nous irons au loin, au bout du chemin, sur la route, dans la lande, Nous serons unis encore et encore et nous découvrirons le paysage, les animaux, les villes et les hommes, les femmes et les objets, et nous aimerons les mêmes choses car nous sommes faits de la même veine. Nous nous tiendrons par la main et nous serons ensemble dans le lointain. Demain, après-demain et encore et encore car nous sommes là et nous nous sourions. Pourquoi y aurait-il une fin à tout cela? Pourquoi ne pas croire que c'est un principe éternel? Celui de l'amour, celui de la flamme, de la création et des larmes, dans tous les pays par tous les temps, chacun est un peu moi et chacune un peu toi, encore et toujours jusqu'au petit matin, l'un après l'autre et puis encore un. C'est là que nous nous rencontrons mais n'est-ce pas depuis le tout début? Y a-t-il un début? Y aura-t-il une fin? Nous ne le savons pas, ça nous n'en savons rien. Pas plus que chaque instant il ne manque quelque chose. Car tout en nous sourit du présent, plein et rempli de joie, de lumière, ignorant le froid, la faim, la fatigue, la détresse. Car nous sommes deux et c'est ce chiffre-là qui compte. Principe fondamental de tout l'univers, imaginaire ou réel, toujours deux, toujours cruels, avec ce qui nous entoure car nous ne pensons qu'à nous, dans tout le monde je vois ton regard, dans tout l'univers tu sens mon coeur.

lundi 11 avril 2016

Fragments d'Héraclite et Parménide

Héraclite et Parménide

Introduction

Le contenu de ce chapitre a été tiré des sources suivantes :

1. Conche, Marcel, Héraclite. Fragments, Paris, PUF, 1986.

2. Conche, Marcel, Parménide, Le Poème : fragments, PUF, 1996.

3. Koyré, A., « Remarques sur le paradoxes de Zénon », dans Études d'histoire de la pensée
philosophique, Paris, Gallimard, 1971 [1922].

4. Vernant, Jean-Pierre, « La formation de la pensée positive dans la Grèce archaïque », dans
Mythe et pensée chez les Grecs, Tome II, Paris, Maspéro, 1981, p. 95-124.

Deux problèmes :

Chez les présocratiques, et en particulier chez Héraclite et Parménide, la réflexion philosophique
porte sur deux problèmes redoutables :

L’un et le multiple : L’expérience sensible nous découvre un monde multiforme d’une très
grande variété. Derrière cette multiplicité, existe-t-il un substrat unique, un principe d’unité ?
Demandons-nous, pour comprendre mieux cette question, si le plaisir, par exemple est un ou
multiple : la variété des plaisirs est-elle une pure multiplicité que rien en pourrait unifier et en
ce cas, chaque plaisir serait un phénomène strictement individuel qui ne répète aucun
caractère commun à tous les plaisirs ? Ou bien cette multiplicité est-elle apparente ? Les
diverses activités agréables produiraient toujours la même et unique chose, à savoir du plaisir
et en ce cas le plaisir, peu importe sa source, serait toujours la même et unique réalité ?
L’être et le devenir : L’être signifie ce qui est, ce qui existe, la réalité, le réel, le fait
d'exister. Le non-être signifie ce qui n’est pas, le néant, c'est-à-dire ce qui n'a aucune
détermination, pas même celle de l'un. Le devenir est synonyme de changement, de
mouvement. L’expérience sensible nous met en présence du devenir (la feuille est verte l’été
et devient rouge l’automne). Mais la pensée s’explique difficilement ce changement : la
notion de devenir implique en effet un passage réciproque de l’être au non-être. Or rien ne se
crée, rien ne se perd.

Héraclite : ~ 550-480 (Éphèse)

Dans l’Antiquité, on le surnommait « Héraclite l’Obscur ». Il était connu pour être orgueilleux et
méprisant : il se vantait de n’avoir été le disciple de personne et d’avoir tout appris par lui-même.
On lui demanda d’écrire des lois pour Éphèse, mais il refusa parce que selon lui les moeurs
politiques de la Cité étaient trop dépravées. Il s’était retiré près du temple d’Artémis et jouait aux
osselets avec les enfants. Aux curieux, il lança : « Pourquoi vous étonner, cela vaut mieux que
d’administrer la Cité avec vous. » Il refusa d’aller rencontrer le roi Darius et les Athéniens qui
l’estimaient. Il préféra rester à Éphèse, bien qu’il y fût méprisé. Héraclite descend du fondateur
d'Éphèse, Androklos, qui dirigea l'émigration ionienne et dont le père était Kodros, roi
d'Athènes. Héraclite lui-même eût été roi, s'il n'avait renoncé en faveur de son frère. Il appartient
à cette famille royale d'Éphèse qui avait gardé, avec le doit à la robe pourpre et au sceptre, le
privilège du sacerdoce de Déméter Eleusiana. (Vernant 1981, p. 113).

Choix de fragments d'Héraclite

Le Logos

1. Le Logos, ce qui est/ toujours les hommes sont incapables de le comprendre,/ aussi bien
avant de l’entendre qu’après l’avoir entendu pour la première fois,/ Car bien que toutes
choses naissent et meurent selon ce Logos-ci/ Les hommes sont comme inexpérimentés
quand ils s’essaient/ à des paroles ou à des actes,/ tels que moi je [les] explique/ Selon sa
nature séparant chacun/ et exposant comment il est ;/ Alors que les autres hommes/ oublient
tout ce qu’ils font à l’état de veille/ comme ils oublient, en dormant, tout ce qu’ils [voient].
(I)

2. Mais bien que le Logos soit commun/ La plupart vivent comme avec une pensée en propre.
(II)

3. Il appartient à l’âme un Logos qui s’accroît lui-même. (CXV)

4. Si ce n’est moi, mais le Logos, que vous avez écouté,/ Il est sage de convenir qu’est l’Un –
Tout. (L)

Le règne de l’ignorance

1. Ils ne comprennent pas quand ils ont entendu/ à des sourds ils ressemblent./ C’est d’eux que
témoigne la sentence:/ Présents ils sont absents. (XXXIV)

2. Instituteur de la plupart des hommes est Hésiode./ Ils savent qu’il connaissait beaucoup de
choses/ lui qui n’était pas capable de comprendre le jour et la nuit/ car ils sont un. (LVII)

3. Pour les éveillés il y a un monde un et commun/ Mais parmi ceux qui dorment, chacun s’en
détourne vers le sien propre. (LXXXXIX)

4. De tous ceux dont j’ai entendu les paroles/ aucun n’arrive au point de reconnaître/ que le sage
est séparé de tous. (CVIII)

Connaissance et paradoxes

1. Le vrai […] ce qui ne se cache pas. (II)a

2. [Sur la taille du Soleil.] La largeur d’un pied d’homme. (III)

3. Si toutes les choses devenaient fumée, c’est par les narines que nous les connaîtrions. (VII)

4. Les choses dont il y a vision, audition, expérience,/ ce sont elles que je préfère. (LV)

5. Penser est commun à tous. (CXIII)

6. Nature aime à se cacher. (CXXIII)

7. Le temps est un enfant qui s'amuse, il joue au trictrac./ À l'enfant la royauté. (LII)

Mobilité universelle et feu

1. Ce monde-ci, le même pour tous/ nul des dieux ni des hommes ne l’a fait/ Mais il était
toujours est et sera/ Feu éternel s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure. (XXX)

2. Dans les mêmes fleuves/ nous entrons et nous n'entrons pas/ Nous sommes et nous ne
sommes pas. (XLIX)a

3. Car on ne peut entrer deux fois dans le même fleuve. (XCI)

4. «Héraclite dit quelque part que tout passe et que rien ne demeure.» Platon (AVI)

5. «Tout s'écoule.» Simplicius

L’unité des contraires

1. L’opposé est utile, et des choses différentes naît la plus belle harmonie [et toutes choses sont
engendrées par la discorde.] (VIII)

2. Ils ne savent pas comment le différent concorde avec lui-même,/ Il est une harmonie contre
tendue comme pour l’arc et la lyre. (LI)

3. L'Harmonie invisible plus belle que la visible.(LIV)

4. Conflit/ est le père de tous les êtres, le roi de tous les êtres/ Aux uns il a donné formes de
dieux, aux autres d’hommes,/ Il a fait les uns esclaves, les autres libres. (LIII)

5. La route, montante descendante/ Une et même. (LX)

6. La mer, eau la plus pure et la plus souillée,/ Pour les poissons potable et salutaire,/ pour les
hommes son potable et mortelle. (LXI)

7. Même chose en nous/ être vivant ou mort/ être éveillé ou être endormi/ être jeune ou être
vieux/ Car ceux-ci se changent en ceux-là/ et ceux-là de nouveau se changent en ceux-ci.
(LXXXVIII).

(Traduction de Jean-Paul Dumont dans Les Présocratiques, Coll. «La Pléiade», Paris,
Galllimard, 1988.)

Interprétation des fragments d'Héraclite :

Le logos : dans la langue usuelle, logos signifie discours parlé. Mais le mot a plusieurs autres
sens parmi lesquels : raison, loi et principe unificateur. Héraclite prétend offrir le discours de
la vérité sur le réel, il expose la loi du devenir de toutes choses : l'unité des contraires. Pour
être capable de tenir un tel discours, il faut être éveillé et non pas endormi comme les autres
hommes. Le logos affirme ce qui est vrai universellement. La thèse fondamentale du discours
de ce penseur : tout est un, c.-à-d. il y a unité et identité des contraires. Par exemple, le positif
de la vie (la vie, l'amour, la santé) est un avec le négatif (la mort, la maladie, la solitude) : le
positif et le négatif sont un signifie que l'on ne peut avoir l'un sans avoir l'autre. Il faut
transformer notre attitude : accepter que le négatif y est de droit, ne pas le refuser comme
n'ayant pas droit à l'existence, comme n'étant pas lié à son contraire.

Le règne de l'ignorance : la plupart des hommes ne comprennent pas ce qu'est le réel : ils
sont présents au monde, mais absents à sa vérité. Ceux qui passent pour savoir beaucoup de
choses, comme Hésiode, ignorent la loi fondamentale de l'unité des contraires. Au lieu d'être
en présence du monde commun à tous les éveillés, chacun est enfermé dans son monde
(coloré par ses désirs, ses intérêts, ses habitudes). Le sage est celui qui dit la vérité de la
totalité du réel.

Connaissance et paradoxe : le monde est sensible, donc les sens sont les révélateurs
premiers du monde. Mais ils ne connaissent pas le monde dans son intelligibilité, c.-à-d. ses
lois. C'est le rôle de l'intelligence de découvrir ces lois.

Mobilité universelle et feu : « tout s'écoule », voilà la thèse fondamentale d'Héraclite,
comme si le réel était un grand fleuve qui ne cesse jamais de couler. Le changement est la
réalité unique, attesté par l'expérience. Le devenir est sans fin et sans repos. En son fond, le
réel est pure mobilité. Le feu, qui détruit l'ancien et fait place au nouveau, est le principe
unificateur.

L'unité des contraires : La guerre – ou le conflit des contraires – est le principe du devenir
dans le réel. Ce conflit fécond est en même temps harmonie au sens d'un ajustement des
forces en sens opposé comme celles qui maintiennent tendue la corde d'un arc. L'unité des
contraires signifie leur inséparabilité.

Parménide d'Élée (~540-470)

(Choix de fragments traduits par Tannery (1887)

I

Les cavales qui m’emportent au gré de mes désirs,
se sont élancées sur la route fameuse
de la Divinité, qui conduit partout l’homme instruit;
c’est la route que je suis, c’est là que les cavales exercées

[5] entraînent le char qui me porte. Guides de mon voyage,
les vierges, filles du Soleil, ont laissé les demeures de la nuit
et, dans la lumière, écartent les voiles qui couvraient leurs fronts.
Dans les moyeux, l’essieu chauffe et jette son cri strident
sous le double effort des roues qui tournoient

[10] de chaque côté, cédant à l’élan de la course impétueuse.
Voici la porte des chemins du jour et de la nuit,
avec son linteau, son seuil de pierre,
et fermés sur l’éther ses larges battants,
dont la Justice vengeresse tient les clefs pour ouvrir et fermer.

[15] Les nymphes la supplient avec de douces paroles
et savent obtenir que la barre ferrée
soit enlevée sans retard; alors des battants
elles déploient la vaste ouverture
et font tourner en arrière les gonds garnis d’airain

[20] ajustés à clous et à agrafes; enfin par la porte
elles font entrer tout droit les cavales et le char.
La Déesse me reçoit avec bienveillance prend de sa main
ma main droite et m’adresse ces paroles:
« Enfant, qu’accompagnent d’immortelles conductrices,

[25] que tes cavales ont amené dans ma demeure,
sois le bienvenu; ce n’est pas une mauvaise destinée qui t’a conduit
sur cette route éloignée du sentier des hommes;
c’est la loi et la justice. Il faut que tu apprennes toutes choses,
et le coeur fidèle de la vérité qui s’impose,

[30] et les opinions humaines qui sont en dehors de le vraie certitude.
Quelles qu’elles soient, tu dois les connaître également, et tout ce dont on juge.
Il faut que tu puisses en juger, passant toutes choses en revue.

II

Allons, je vais te dire et tu vas entendre
quelles sont les seules voies de recherche ouvertes à l’intelligence;
l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas,
chemin de la certitude, qui accompagne la vérité;

[5] l’autre, que 1’être n’est pas: et que le non-être est forcément,
route où je te le dis, tu ne dois aucunement te laisser séduire.
Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n’est pas, tu ne peux le saisir ni l’exprimer;

III

car le pensé et l’être sont une même chose.

VI

II faut penser et dire que ce qui est; car il y a être :
il n’y a pas de non-être; voilà ce que je t’ordonne de proclamer.
Je te détourne de cette voie de recherche.
où les mortels qui ne savent rien

[5] s’égarent incertains; l’impuissance de leur pensée
y conduit leur esprit errant: ils vont
sourds et aveugles, stupides et sans jugement;
ils croient qu’être et ne pas être est la même chose et n’est pas
la même chose; et toujours leur chemin les ramène au même point.

VII

Jamais tu ne feras que ce qui n’est pas soit;
détourne donc ta pensée de cette voie de recherche;
que l’habitude n’entraîne pas sur ce chemin battu
ton oeil sans but, ton oreille assourdie,

[5] ta langue; juge par la raison de l’irréfutable condamnation
que je prononce.

VIII

II n’est plus qu’une voie pour le discours,
c’est que l’être soit; par là sont des preuves
nombreuses qu’il est inengendré et impérissable,
universel, unique, immobile et sans fin.

[5] Il n’a pas été et ne sera pas; il est maintenant tout entier,
un, continu. Car quelle origine lui chercheras-tu ?
D’où et dans quel sens aurait-il grandi? De ce qui n’est pas? Je ne te permets ni de dire ni de le
penser; car c’est inexprimable et inintelligible
que ce qui est ne soit pas. Quelle nécessité l’eût obligé

[10] plus tôt ou plus tard à naître en commençant de rien?
Il faut qu’il soit tout à fait ou ne soit pas.
Et la force de la raison ne te laissera pas non plus, de ce qui est,
faire naître quelque autre chose. Ainsi ni la genèse ni la destruction
ne lui sont permises par la Justice; elle ne relâchera pas les liens

[15] où elle le tient. [Là-dessus le jugement réside en ceci ] :
Il est ou n’est pas; mais il a été décidé qu’il fallait
abandonner l’une des routes, incompréhensible et sans nom, comme sans vérité, prendre l’autre,
que
l’être est véritablement.
Mais comment ce qui est pourrait-il être plus tard? Comment aurait-il pu devenir?

[20] S’il est devenu, il n’est pas, pas plus que s’il doit être un jour.
Ainsi disparaissent la genèse et la mort inexplicables.
II n’est pas non plus divisé, car Il est partout semblable;
nulle part rien ne fait obstacle à sa continuité, soit plus,
soit moins; tout est plein de l’être,

[25] tout est donc continu, et ce qui est touche à ce qui est.
Mais il est immobile dans les bornes de liens inéluctables,
sans commencement, sans fin, puisque la genèse et la destruction
ont été, bannies au loin. Chassées par la certitude de la vérité.
il est le même, restant en même état et subsistant par lui-même;

[30] tel il reste invariablement; la puissante nécessité
le retient et l’enserre dans les bornes de ses liens.
II faut donc que ce qui est ne soit pas illimité;
car rien ne lui manque et alors tout lui manquerait.
C’est une même chose, le penser et ce dont est la pensée;

[35] car, en dehors de l’être, en quoi il est énoncé,
tu ne trouveras pas le penser; rien n’est ni ne sera
d’autre outre ce qui est; la destinée l’a enchaîné
pour être universel et immobile; son nom est Tout,
tout ce que les mortels croient être en vérité et qu’ils font

[40] naître et périr, être et ne pas être,
changer de lieu. muer de couleur.
Mais, puisqu’il est parfait sous une limite extrême!
il ressemble à la masse d’une sphère arrondie de tous côtés,
également distante de son centre en tous points. Ni plus

[45] ni moins ne peut être ici ou là;
car il n’y a point de non-être qui empêche l’être d’arriver
à l’égalité; il n’y a point non plus d’être qui lui donne,
plus ou moins d’être ici ou là, puisqu’il est tout, sans exception.
Ainsi, égal de tous côtés, il est néanmoins dans des limites.

Interprétation des fragments de Parménide :

Lorsqu'il y a conflit entre l'expérience sensible et la raison (ou le raisonnement), il faut rejeter
le témoignage des sens comme illusoire.

Pour Parménide, on ne peut penser et affirmer que l'être. Le néant, ou le non-être, on doit
l'écarter de notre discours, car c'est une notion contradictoire. Dire qu'il y a du non-être
revient à dire que ce qui n'existe pas existe !!!

La thèse fondamentale est la suivante : l'être est un et immuable. Donc la multiplicité et le
changement ne sont que des illusions des sens, de vaines apparences. La thèse parménidienne
est une négation, au nom de raisonnement, des idées d'Héraclite sur le devenir. L'être est
immuable parce que le devenir implique la notion de non-être.

Les caractères de l'être : l'être est incréé, impérissable, il est complet, immobile, éternel.
L'être ne peut pas avoir eu de commencement parce qu'il aurait fallu en ce cas qu'il vienne du
non-être, ce qui est absurde. Il est tout entier dans l'instant présent, un et continu. En effet, le
passé est ce qui n'est plus et le futur, ce qui n'est pas encore, or l'être est. L'image de l'être est
une sphère s'équilibrant partout elle-même, une sphère pleine qui se contient elle-même et
rien d'autre qu'elle-même.